Ce qui doit rester et ce qui doit partir

Pour faire suite à l’article précédent, (Cliquez-ici pour lire) je tenterai de vous expliquer le travail de retouches que je pratique minutieusement sur les photographies de poupons. Je vous ferai la démonstration claire et précise d’un résultat qui respecte la nature première des traits et de l’ensemble du visage et du corps de bébé.

Pour débuter, tout bon professionnel de la retouche doit analyser et regarder les détails disgracieux qui devront efficacement être supprimés. Nous regardons aussi ce qui doit demeurer, comme par exemple une tache de naissance qui fait partie de la personne.

Il est essentiel de nettoyer la peau (enlever les petits détails désagréables pour l’œil): nous supprimons l’acné du nourrisson, les petites peaux sèches, les égratignures (tout le monde sait que les bébés ont les ongles tranchants), les plis de vêtements ou les plis de couche pour bébé. Par la suite, nous nettoyons tout ce qui peut ressembler à de la morve, du lait séché ou du vomi, la belle vie quoi !

Suite au nettoyage de base, nous nous occupons du teint de bébé. Nous éliminons le plus possible toutes les traces de jaunisse sur sa peau. Nous devons aussi ajuster la teinte des pieds et des mains au reste du corps, car les bébés ont souvent les extrémités bleutées/mauves. Parfois, nous devons aussi uniformiser la couleur de la peau, car selon l’éclairage et l’angle, il arrive que leur petite peau devienne excessivement blanche.

 

Des décors naturels comme si…

Suite à cela, nous nous occupons du décor et selon moi, c’est là que nous utilisons notre créativité. Saviez-vous que nous retouchons davantage le décor d’une séance nouveau-né que le bébé lui-même et que cela peut être un beau défi à relever?

Il y a plusieurs raisons à cela. Imaginez, par exemple, suspendre le petit sur une balançoire à 3 pieds du sol sans protection. Cela n’aurait aucun sens ! C’est donc pour cette raison que lors de la séance photo, la main d’un parent tient le bébé, et que la balançoire se trouve sur le sol et non dans les airs.

Lorsque je reçois ces photographies, mon travail de postproduction joue un rôle primordial dans le résultat final. Il faudra donc enlever la main, soulever la balançoire comme si elle était réellement suspendue avec bébé se balançant tout bonnement.

C’est ici, lors de ce chantier photographique, que les choses se corsent. En effet, je dois utiliser plusieurs photographies pour en créer une seule au bout du compte. Cette étape est l’une des plus importantes, puisque j’arrive à réaliser des scènes crédibles mettant en action des bébés dans des décors qui semblent complètement naturels. C’est à ce moment que je me dis : mission accomplie !

 

Des possibilités créatives pour les photographes

Il faut aussi savoir que ce ne sont pas toutes les photos qui auront besoin du travail de composition. Bien souvent, je ne fais qu’allonger le sol ou le mur et supprimer quelques petites poussières ici et là. Mais cette option plus complexe laisse place à plusieurs possibilités de mises en scène créatives pour les photographes qui voudraient aller encore plus loin et offrir davantage à leur clientèle.

 

Qui ne risque rien n’a rien

Pour finir, j’aimerais ajouter qu’un bébé de 10 jours sans couche, ça fait pipi et caca partout, et ce, sans avertissement. Je retouche donc des traces de caca sur presque toutes les photographies que je reçois. Honnêtement, chaque fois je ris en me disant que ce sont les plus gros risques de mon métier…

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